Le plafond fut brièvement éclairé par les phares d'une voiture passant dans l'allée. Il était allongé dans son lit. Ses yeux fixaient le plafond et ils voyaient quelquechose. À travers. Au-delà. Ses pensées s'entrechoquaient dans son crâne et semblaient le placer devant un état de fait inévitable. Elle avait recommencé. Encore. Du moins elle le lui avait dit. Il était terrorisé de pouvoir la perdre. Il aurait voulu faire quelquechose. L'aider. La sauver. Rien. Il ne pouvait rien faire. Il ne comprennait pas pourquoi, et elle non plus. Il se sentait impuissant. Il cherchait quelquechose. Ce qu'il pourrait dire ou faire. La meilleure chose à faire. Mais il ne pouvait rien. Il ne supportait pas. Être inutile. Être un simple spectateur de celle qu'il aimait. Ne pas pouvoir la sauver. Il l'aimait. Elle l'aimait. La serrer fort dans ses bras. Recueillir sa tête contre son épaule. Réconforter sa tristesse. Rien, il ne pouvait rien faire et ça le désespérait, il l'aimait mais ça ne pouvait pas la sauver de son passé, de ses démons, elle fuyait par tout les moyens possibles et elle se détruisait de la même façon, elle était seule dans ses tourments et il était seul dans les siens, il était désemparé de ne pas pouvoir, ne pas pouvoir la guérir. Il souleva tout son corps dans un soupir. Il rabattit violament sa tête en arrière. Le lit souffla.
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Les graviers soulevés par ses chaussures heurtaient le trottoir, ponctuant ses pas de bruits secs. Il marchait au bord de la route dans la nuit noire, guidé seulement par la lumière lointaine d'un réverbère solitaire. Ils étaient partis tout les deux dans la nuit, en discutant bruyamment de l'orientation qu'ils allaient prendre, en lui faisant des signes de main distraits. C'était une belle soirée. Chaleureuse. On entendait au loin les gens plus qu'alcoolisés qui hurlaient et riaient... Ils avaient volontairement fui la surenchère de festivités et d'alcools, mais elle les avait suivi. Jusqu'ici, dans ce modeste parc d'une zone résidentielle isolée. Ils avaient joués. À se porter les uns les autres sur leur dos, à se rouler dans l'herbe, à se poursuivre. À jouer. Il avait l'impression désagréable de jouer. Penser désinvolte où ils pensaient serieux. Il ne pouvait pas vraiment savoir ce qu'elle pouvait penser. Ça n'avait pas grande importance. Quelques notes d'une chanson se mêlèrent à ses mots. Il se mit machinalement à tapoter ses poches. Les notes apparaissaient, plus claires, occultant les mots. Au fur et à mesure, ses pensées se noyaient dans la musique et seuls subistaient la parfaite harmonie des instruments et le battement de son coeur. Régulier.
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Une longue conversation au téléphone. En face de l'océan. Derrière la pluie. Les touches du clavier sonnaient et résonnaient dans le salon et son alcôve vidés par la nuit. Il passa ses mains sur son visage en étirant les paupières et en grattant l'eczema du cou. Il était préoccupé. Il avait toute les réponses mais il avait été incapable de les donner. Il aurait pu la rassurer mais il l'avait doublement inquiétée. Il avait bafouillé comme un con et il ne pouvait pas se le pardonner. Pourquoi cette faute, là maintenant, au moment où il en avait le plus besoin ? La lumière blafarde de l'écran se réflétait dans la pièce et sur son visage, ce qui accentuait ses traits crispés. Au milieu de ce fouillis blanchâtre apparaissait des réponses qui se voulaient sages et rassurantes. C'est l'intention qui compte... Il prit son téléphone sur le bureau, le glissa dans sa poche. Le bruit des touches résonna une dernière fois. La lumière disparut. Les marches craquèrent sur son passage.
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Ses paupières s'ouvrirent doucement. Il était assis dans son lit. Sa léthargie se dissipa peu à peu au milieu d'une odeur de fleurs. Il leva son bras ankylosé et le porta sur la soie blonde qui reposait sur son torse dénudé. Elle sera son autre main dans la sienne.
- « Tricheuse... » Dit-il amusé.
Il respira profondément son parfum en fermant les yeux.
Serein et amoureux.