Learning Lines.

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I love you, Paris.

C'était l'une de ces nuits froides où le bruit des moteurs solitaires résonne dans les boulevards, où la vitrine éclairée d'une épicerie réchauffe le coeur, où l'on attend avec impatience le confort douillet de son lit. La nuit était sans étoiles. Ils frottaient vainement leurs mains pour se réchauffer, se blotissant contre eux-mêmes dans ce même but peu convaincu. Ils étaient épuisés, mais ils posaient toujours un pied devant l'autre. Dans les visages ravagés par la fatigue, dans les cernes couleur nuit, il subsitait un morceau de sourire, comme une pensée inconsciente. Le bruit de métal de la grille se répercuta dans les rues. Au loin, on entendait que les festivités se terminaient, et que les conversations regagnaient leurs foyers.

« Car il existe toujours un écart entre la réalité de soi et ce que Freud appelle l'idéal du Moi, ce que l'on se propose d'être dans l'absolu. Entre vos désirs et la réalité existe un profond fossé. Si l'on a placé la barre très haut, ça n'est plus un fossé, c'est un abîme. »

Michel Onfray - Antimanuel de philosophie

A l'intention de Mlles & MM. les Tles : à acquérir de toute urgence.

The do

Atlantis to interzone

Elle courrait. Le bruit de sa course résonnait dans les rues désertes. Le soleil éclairait la ville, mais le froid de la nuit persistait. Elle souriait, respirant régulièrement. Elle était heureuse. Il l'aimait. Il lui avait avoué la veille, à grands renforts de baffouillements et de sourires gênés. Elle s'était reveillée avec les premiers rayons du soleil. Elle débordait de joie. L'idée lui était venue de courir, ne pouvant pas supporter de rester là, sans sauter au plafond. Elle se dirigeait vers le plus haut point possible, pour profiter de la vue, et, peut-être, envoyer un message.


Il marchait vite. Il avait peur de ne pas arriver assez tôt. Il était tard, environ trois heures du matin. Il devait rejoindre son frère, quelque part, dans le centre du village. Il faisait nuit noire, il tendait l'oreille pour ne pas être surpris par une voiture au beau milieu du chemin. Il arriva enfin au croisement. Il cherchait un endroit où s'installer, afin d'être à la fois visible de la route, et suffisament confortable. Il s'assit sur un trottoir. Le silence regnait. Le sol ressemblait à une nature morte. La lune éclairait chaque pierre la transformant en une oeuvre d'art. Un peu plus loin, un ver de terre coupé en deux se tortillait encore. Le temps passait. Une goutte de pluie tomba sur sa main. Il la fixait, admiratif. Puis le goudron se tacha de mille points sombres. Il pleuvait.


Il m'arrive parfois de penser à tout ce qui peut se produire, à cet instant T, partout dans le monde, partout autour de moi, partout parmi les gens que je connais. Que sont-ils devenus ? Que font-ils ? A quoi pensent-ils ? Leur arrivent-ils de penser à moi ? En bien, en mal. Détenir le savoir absolu serait sûrement une torture.

See ya.

FROM A-ATLAN-TIS TO IN-TER-ZO-ONE

Banksy

Get off my mind

I love radiohead.

C'est con. Les idées pleuvent et sont noyées dans la peur.

Dans la brume.

Il descendit rapidement les trois marches, remontant son col, observant la buée produite par son souffle. Derrière lui, la porte se referma dans un grincement de tombeau. L'air avait une odeur particulière que l'on évoque avec nostalgie, une fois l'hiver passé. Le brouillard avait envahi les rues. Il aimait à l'observer, à le contempler. C'était une sorte de fascination, de rêve. Il souriait à l'idée que l'on puisse se réfugier dans cet amas de coton et y disparaître. Il marchait rapidement, contournant les voitures garées et coupant à travers les rues. Au détour d'un immeuble, la circulation apparut. Il dépassa l'herbe, observant avec attention les mouvements des voitures et des feux. « Là ». Et il fendit la circulation d'un trait.

Puis vint le silence, dans un grand fracas métallique. Le véhicule freina, dans un concours de ces sons aigus qui nous font toujours tourner la tête de curiosité. Le bitume donnait l'illusion de propreté face au ciel laiteux.

Un ruisseau rouge coulait de sa bouche, tachant le béton d'un souvenir de mort qui ne s'oublie jamais.