Learning Lines.

Crève en enfer.

Qu'est-ce que veut Kolia ?

Il est des journées comme celle-ci, des moments comme celui-là qui me montrent que je vis avec des filets. Il y a ceux, dehors, qui me retiennent et qui me sauvent, qui m'aident et font brièvement disparaître la gravité. Les amis. Le monde extérieur. Et puis il y a l'intérieur. Dans lequel on se noie moins souvent. Mais parfois, son propre filet perd de sa solidité, il devient difficile à tenir. Et alors... Tomber dans soi-même.

Je voudrais partager l'intérieur. Je voudrais des mains étrangères dans moi-même. Peut-être vaincre le stade suprême de la solitude ? Mais comment savoir que c'est possible ? Impossible en fait. A la frontière du savoir on ne peut que croire. Alors j'y crois...?

Confrontation avec une réalité qui déçoit. Parce qu'on aura beau expliquer tous les comportements du monde, on sait qu'il faudra continuer à expliquer et à excuser. Encore et encore. Je suis à contre-courant du présent et pas très résistant à l'air du temps. Je suis en position de voir les contradictions des filles que je désire ou que j'ai désiré et ça me rend triste. Parce que je suis bien. Mais... Toujours ce foutu mot.

C'est ces petits riens qui s'accumulent. Ces vérités présentes qu'on ne voudrait pas vraiment connaître. Chacune prise séparément n'a aucune espèce d'importance. L'agrégation des pièces entre elles forme une sorte d'horreur à retardement. Un amer rappel des années écoulées et un simple constat de leur inutilité. Impuissance.

C'est ce sentiment là qui m'empêche de dormir. Qui me fait fuir par tous les moyens. Et je tombe dans moi-même...


Je suis fatigué intellectuellement. C'est prétentieux à dire, mais être en capacité de percevoir les erreurs des gens et connaître la vérité à ce sujet sans avoir la force de l'exprimer c'est épuisant. Gimme shelter.

Je me sens de plus en plus étranger.
Comme un goéland perdu sur ses pattes.

Et puis cultiver ce culte idiot de la phrase exacte et du mot juste comme si c'était la rédemption possible. Réconfort stupide. C'est juste another brick on the wall. Un autre pavé que je balance dans la rivière. En attendant de m'y balancer tout court.



Les P'tits Yeux - Place Sainte Catherine.

You just walked away.

La nuit touchait à sa fin.

Claquements de portières. Fougères froissées. On suit tant bien que mal un vague chemin de terre autour du blockaus. Le groupe se divise. Les uns passent ici, les autres là. On contourne l'obstacle. On fait de l'équilibrisme avec les seaux. Ils s'agitent, travaillent, finissent de s'épuiser.

Derrière le bloc de béton, de l'autre côté de la route, une sorte d'esplanade à l'abandon. D'abord on voit toutes les lumières du front de mer de Saint-Jean-de-Luz, d'Hendaye. Et puis le reste de la côte. Des petites groupes de points lumineux alignés au loin. Le ciel est gris, on peut à peine distinguer l'océan dans toute cette obscurité. On l'entend. Là en bas de la corniche. Comme un souffle. Une présence. Entre le gris du ciel et le noir de l'eau il y a les bateaux. Formes noires qui se découpent et dont les antennes clignotent de temps à autre.

Le jour va se lever. Il est là, c'est certain. Rien n'est visible pour l'instant. Ni reflets rougeâtres dans les nuages ni auréole de lumière à l'horizon. Pourtant c'est là. Il vient. C'est sûr. Il va y avoir de la lumière à nouveau. Le soleil va nous arracher au confort anonyme de la nuit tendre.

Mes cernes sont douloureuses.



The National - About Today.

How close am I to losing you ?
Tonight you just close your eyes
And I just watch you
Slip away