Humeur merdique en définitive. Je pourrais raconter les aléas qui font que je suis passé de mauvaise humeur à humeur dépressive à une humeur légèrement teintée de joie pour finir par redevenir sombre et mélancolique. Mais je sais pas. Faut essayer de transcender la réalité, non ? Je vais à Bordeaux, et j'irais à Paris la semaine d'après, je suis content. J'ai plus de voix. La faute à la maladie, et aux 4h30 de congrès aussi sans doute, ça et le reste. Je sais pas. Je cherche toujours cette chose, qu'on doit surement pouvoir qualifier de bonheur. Je me rends compte en lisant Lolita que le personnage de Humbert me ressemble. Scrutant les courbes endormies d'une gamine de 13 ans dans un motel miteux ; dévoré par le désir il tente de l'approcher sans la faire fuir, il l'observe dormir et il se questionne, et il doute et il se réprime. Aussi pathétique que cela puisse paraître, j'ai l'impression de me voir (excepté que c'est pas des filles de 13 ans, j'vous rassure).

J'écris cet article au fur et à mesure que les tumultes silencieux de la soirée se posent dans ma tête et que je décortique à coup d'questions une situation relativement stupide. Pour changer. J'ai l'impression d'être un pantin consentant ; c'est là aussi, terriblement pathétique. Voilà, donc je cogite en attendant un coup de fil, au lieu de travailler. Vivre dans un monde d'incertitudes est un combat avec... quelqu'un. En tout cas ça fait chier. (genre grande envolée lyrique, je fais une tentative de sortir une grande phrase philosophique censée rassembler les opposés, coller les antagonismes et produire un effet cérébral puissant, et... bah non).

Je sais pas quoi faire. Je cultive des espoirs pour le simple bénéfice de cultiver des espoirs. Comme si ça pouvait créer une sorte de situation à moyen terme, premier pas vers un truc pour lequel j'ai un désir hypothétique. Laissons faire un bon vieux plan à tiroir plein de malice : la folie nous accompagne.

Je suis probablement fou. Fou d'avoir cru un seul instant que d'avoir eu à choisir entre mes deux parents au milieu des larmes, des cris, des coups et des claques n'aurait eu aucune conséquence. Fou d'avoir cru un instant que ces choses qui me sont arrivées, que des humiliations nombreuses et répétées n'auraient jamais pu créer un quelconque traumatisme social. Fou d'avoir cru que mon incapacité sentimentale chronique avait une autre cause qu'un collégien normalement coincé, bloqué par humiliations et échecs dans un réseau de questionnements vastes et foireux. Fou d'avoir cru un instant que je pouvais être amoureux d'une fille parce qu'elle était très différente de moi. Fou d'avoir cru que je pouvais être amoureux d'une fille parce qu'elle me ressemblait tant (broken). Fou d'avoir cru que je pouvais tomber amoureux d'une fille par simple proximité intellectuelle. Fou d'avoir cru aussi le contraire de toutes ces choses. Fou d'avoir cru en des raisons transcendantales qui, incompréhensibles, expliquaient parfaitement mes troubles sentimentaux, sociaux, scolaires, familiaux. Un grand mix de toutes ces conneries expliquant toutes mes conneries. Mais c'est plus facile de croire en Dieu et ses épreuves. (haha).

Alors quoi ? Maintenant, je me lamente sur mon sort en disant que oui, effectivement, je suis plus cassé que les autres (et moins cassé que d'autres, certes), et que je mérite...? Ou alors rien, tout ceci est tristement banal et tout dépend juste d'une variable que je vais bientôt savoir ajuster (comme tout l'monde). Et, la stupidité du choix paraissant évidente, ça soulève deux autres questions, stupides, aussi. Est-ce que je me lamente sur mon sort ou est-ce que j'essaie de...(écrire la bonne solution).

Le monde qui nous entoure est une jungle luxuriante de problèmes complexifiés par leur entremêlements si bien qu'il est extrèmement difficile d'atteindre les racines. Une complexification, et non une complexité. Le monde est seulement complexe parce que nous le voyons de cette manière. A la première personne. C'est surement simple. Ma question. Et sa réponse.

Ce ne seraient alors que de simples échecs 'meant to be',
et je n'aurais qu'à attendre.
Je ne peux m'empêcher de douter sans cesse.

Nous sommes les chaînons aveugles de nos propres entraves.


Noah & The Whale - Two Atoms in a Molecule.

Milan's GP


« Le matin elle était Lo', simplement Lo', avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolores sur les pointillés. »

« Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »

Faudrait p'tetre que j'arrête de faire n'importe quoi.