Monday morning in Lagos.
par Kolia, mercredi 19 novembre 2008 à 19:41 | Histoires
Réveil brutal de la vie, de la rue qui s'agite en bas. De la fenêtre grande ouverte on entend le bruit d'un moteur pétaradant, et qui s'éloigne, dans les rues de Lagos. Progressivement s'installe un bruissement qui persiste. Le bruissement des passants, des dialogues bruyants et extravertis, les bruits de pas, qui résonnent. Alors le matin rougeoyant s'estompe et laisse la place au ciel bleu, lumineux, resplendissant. La journée commence à Lagos. Ici, H. journaliste-reporter dans la revue PF. Peu importe. Il n'est pas du matin.
La chambre d'hôtel pourrait être le lieu d'une nature morte. On a vécu ici. Là, sur un bureau rudimentaire (quatre pieds, un tiroir, une table en fait.), une pile de magazine aux couvertures brillantes et glissantes, en papier glacé ; s'est effondrée. On peut suivre le cheminement des magazines qui s'étalent dans une forme de recherche artistique, depuis la table jusqu'au sol, il semble qu'il n'y ai visiblement pas eu une quelconque intervention humaine dans cet état de fait (pour ranger, ou ce genre de choses qu'ils font usuellement). Entre la porte et le lit, un amoncellement divers de vêtements indistinctement sales ou propres que dégueule une valise posée en vrac par terre, sans autre forme de procès. Entre la fenêtre et le lit, une table basse en verre massif teinté noir, typique de la décoration d'un intérieur assez beauf d'une famille du Nord qui se pense au summum de l'élégance. Sur la table, une petite boite en fer ouverte contenant divers objets, pipe, sachet d'herbe, briquet, une boite en acier de forme cylindrique d'utilité inconnue. Un billet de cent dollars traine sur la table, à côté de ce qui ressemble à des restes. Deux très fines lignes blanches, le restant de coke de la veille. Le lit, enfin, un lit à baldaquin en fer forgé portant une moustiquaire qui tombe jusqu'au sol, un matelas en mousse défoncé, un drap en soie blanc recouvrant l'homme en question, H., qui dort.
Le bruit s'intensifie dans la rue, bientôt couvert par le bruit des réacteurs d'un avion décollant, puis traversant l'horizon de la fenêtre à la diagonale.
Quoi d'autre ? Eh bien rien. Si ce n'est l'extraordinaire banalité des aventures de H., journaliste-reporter désirant savoir si l'angoisse du vide provoqué par l'absence de limite à l'univers peut influencer son quotidien. Apparemment pas.
