Learning Lines.

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Migraine.

Elle posa séchement son téléphone portable sur la table de chevet, et elle s'allongea sur le dos. Les yeux grands ouverts, elle fixait le plafond, une main sur la poitrine, l'autre allongée le long de son corps. Elle tourna la tête et pris un paquet de cigarettes. D'une geste vif, elle en sortit une, ainsi qu'un briquet. Elle porta à sa bouche la cigarette, esquissa un mouvement de la main qui tenait le briquet, puis soudain, elle s'arrêta. Comme saisie d'une de ces réalités violentes qui se révèle comme une averse froide et bruyante d'un mois de novembre. Elle mit instinctivement sa main en pare-vent devant le briquet, enfin, elle jetta le briquet par terre, sans s'en soucier, et pris une profonde inspiration. Les volutes de fumée s'échappaient de la cigarette cachant par moment ses yeux noisettes. Elle détourna son regard du plafond pour le porter sur les arbres, au-dehors. Le vent semblait les faire frissonner. Elle replia les jambes. Par terre gisaient ses Doc Marteens, au milieu d'un fouillis disparate, allant des centimes aux magazines divers, en passant par des papiers divers et du linge sale.

Les dimanches l'ennuyaient au plus au point. Ils représentaient pour elle le vide, l'ennui, l'absence d'activité, et, par-dessus tout, la présence des parents. On entendait les murmures d'une activité humaine derrière la porte. De celle qui se fait discrète, les bruits de pas étouffés par des chaussons moelleux, les échos de quelque messe basse, le ronflement de la télévision.

Dans un soupir, elle jetta son mégot dans un cendrier. Elle s'étira en fermant les yeux, et s'enroula dans ses couvertures, entreprenant de ne pas penser.

Cependant, le flot de ses pensées s'inflitra vite au travers du barrage de sa conscience, et les questions revinrent. Elle n'arrivait pas à être aussi courageuse qu'elle le voulait. Elle voulait lui dire, lui dire qu'elle l'aimait. Mais elle n'y arrivait pas. Ne la rejeterait-il pas ? Le perdrait-elle ? L'aimait-elle vraiment ? N'était-ce pas seulement une passion obsédante et tenace ?

Ses cils longs et noirs battait au rythme des ses hésitations, dans un silence tel que chaque nouvelle question parvenait à ses oreilles comme un horrible frottement. Elle se retourna sur le côté, le bruit terassa sa conscience. Le moindre son résonnait avec une force inouïe. La colère l'emplit, elle se mit à haïr tout ce qui faisait qu'elle était elle-même. Chaque bruit, chaque frottement, chaque écho se répercutait dans sa tête dans un infernal brouhaha, augmentant encore un plus sa rage dénuée de cible, détruisant encore un peu plus ce qui subsistait de sa raison.

Elle porta brusquement ses mains à sa tête, couvrant ses yeux. Ses mains se contractèrent. Ses ongles s'enfoncèrent dans son front.

Le sang coulait dans ses yeux.

All you need is love

Se couchant sur son lit dans un soupir, il porta sa main à sa bouche et entreprit de ronger ses ongles. D'un air distrait, il produisit un bruit de cassure. Il bougea d'un mouvement imperceptible, le regard pensif. Il se tourna sur le côté posant sa tête sur ses mains. Il pensait à l'histoire qui se répétait peut-être un peu trop vite, il pensait à ce qu'il avait fait, plus exactement aux mots qu'il utiliserait pour essayer de se l'expliquer à lui-même. Machinalement, il se recouvrit de la couverture blanche, faisant du même coup disparaître son corps dans un frou-frou bruyant. Il s'endormit.

Bonne nuit

Réveil douloureux. Quand le sommeil est le dernier recours possible, le dernier refuge envisageable, que faire quand vos rêves rattrapent la réalité ? C'est un visage, c'est une odeur, une pensée. L'envie d'être avec l'autre vous déchire. Alors donc que faire, quand cela est rendu impossible... par vous-même ?

Non, la connaissance de l'inconscient ne nous console pas du désordre du conscient.

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