C'était l'une de ces nuits froides où le bruit des moteurs solitaires résonne dans les boulevards, où la vitrine éclairée d'une épicerie réchauffe le coeur, où l'on attend avec impatience le confort douillet de son lit. La nuit était sans étoiles. Ils frottaient vainement leurs mains pour se réchauffer, se blotissant contre eux-mêmes dans ce même but peu convaincu. Ils étaient épuisés, mais ils posaient toujours un pied devant l'autre. Dans les visages ravagés par la fatigue, dans les cernes couleur nuit, il subsitait un morceau de sourire, comme une pensée inconsciente. Le bruit de métal de la grille se répercuta dans les rues. Au loin, on entendait que les festivités se terminaient, et que les conversations regagnaient leurs foyers.

« Car il existe toujours un écart entre la réalité de soi et ce que Freud appelle l'idéal du Moi, ce que l'on se propose d'être dans l'absolu. Entre vos désirs et la réalité existe un profond fossé. Si l'on a placé la barre très haut, ça n'est plus un fossé, c'est un abîme. »

Michel Onfray - Antimanuel de philosophie

A l'intention de Mlles & MM. les Tles : à acquérir de toute urgence.

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